ABAFA(BA)ZI



« Abafa(ba)zi » est un amalgame isiZulu qui se traduit par « Celles qui meurent en sachant qui meurent en sachant ». Il combine le mot « abafazi », qui signifie « femmes », et le préfixe « ba », qui signifie « celles qui sont ou celles qui font ». Le titre s’inspire de l’idée que les femmes qui possèdent des connaissances peuvent choisirde les partager ou de les garder pour elles de leur vivant. Le titre symbolise la bravoure et la détermination des femmes qui naviguent dans des espaces d’incertitude politique et sociale,
conscientes des risques qu’elles encourent mais ne se laissant pas décourager dans leur quête de justice, de liberté et d’une vie pleine de sens.





Abafa(ba)zi – Celles qui meurent en sachant


« Abafa(ba)zi » est une exposition collaborative de nouvelles commandes, d’expériences artistiques et d’oeuvres existantes réalisées par des femmes artistes et chercheuses transdisciplinaires du continent africain. Elle est ancrée dans des récits personnels et familiaux et liée au mouvement féministe, soulignant le rôle essentiel des femmes noires en tant que façonneuses de la vie quotidienne et gardiennes des histoires.

Cette exposition met en lumière comment les femmes ont servi de vecteurs de connaissances dans des contextes et des communautés ordinaires ; elle nous positionne également (nous, les femmes noires) en tant que gardiennes de nos propres récits. « Abafa(ba)zi » reconnaît la continuité de l’authentique féminité noire et des poursuites féministes.

Elle met l’accent sur notre responsabilité collective dans l’évaluation et le recadrage des récits, tout en insistant sur la conscience de soi et la capacité à sculpter des récits personnels. En amplifiant les voix et les expériences de ces femmes, « Abafa(ba)zi » favorise les dialogues transgénérationnels et responsabilise les jeunes générations de la société africaine.

L’Ubufazi (la féminité) est un principe pratiqué par les femmes africaines de diverses manières qui incarne les qualités de féminité, d’imagination et d’innovation présentes dans les sociétés africaines. Bien que le concept apparaisse sous différents noms dans les cultures africaines, chacun reflète l’essence de l’Ubufazi. Ici, Ubufazane (le féminisme) n’est pas une réaction à l’impérialisme, ni une performance, c’est un concept africain authentique qui permet aux femmes noires d’exister librement.

Huit artistes visuels ont été invité(e) s à répondre à l’appel à participer à « Abafa(ba)zi ». À leurs côtés, quatre musiciens ont été chargés de composer une chanson qui s’inscrirait dans l’esprit de l’exposition. Grâce à ces diverses contributions artistiques, nous souhaitons explorer comment les femmes africaines servent de passerelles entre le connu et l’inconnu au sein de leurs communautés et audelà.

En explorant les diverses oeuvres d’art de l’exposition, nous sommes invités à réfléchir à la comment les récits des femmes africaines, en tant que gardiennes de l’héritage familial, peuvent être mis en avant dans le cadre des féminismes africains. Nous sommes invité(e)s à honorer l’histoire et l’héritage matriarcal de nos communautés africaines tout en créant un espace pour que les femmes noires en évolution puissent s’épanouir de diverses manières dans une société en constante évolution. L’exposition vous invite à réfléchir sur la question : Que signifie Ubufazi pour vous ?

Commissaire d’exposition: Thina Miya
Conservatrice adjointe: Puleng Mongale



Entreprise curatoriale


« Abafa(ba)zi » explore les multiples façons par lesquelles les femmes africaines ont incarné et pratiqué le féminisme dans le contexte de la société africaine. Cette exposition met en lumière l’action de ces femmes qui naviguent dans des paysages familiaux, sociaux et spirituels. Chaque artiste contribue à un récit plus large de l’être et de l’autodétermination, centré sur les femmes noires dans leurs propres récits et offrant des aperçus des expériences vécues par les femmes africaines à travers les générations.

Au fur et à mesure que « Abafa(ba) zi » voyagera à travers le continent sur une période de cinq ans, le titre de l’exposition sera traduit dans les langues de chaque nouveau pays qu’elle visitera. Cet essai linguistique inclusif réunira de nombreuses voix solidaires, affirmant le droit des femmes de toute l’Afrique à exister librement et authentiquement sous la forme qu’elles choisissent. La collection croissante de langues, comme les histoires des femmes, ne sera pas limitée par les frontières mais plutôt unie par un objectif commun de libération.

Dans le cadre du processus créatif des artistes, une série de questions de réflexion leur a été posée afin d’inspirer leur travail : Quand avez-vous réalisé pour la première fois qu’une femme pouvait servir de pont entre le connu et l’inconnu ? S’agit-il de quelque chose qu’elle a dit ou fait ? Quel était son nom et quel âge aviez-vous ? Comment cette prise de conscience a-t-elle élargi votre compréhension du monde ? Ce catalogue explore les diverses réponses à ces questions, certaines exprimées par de nouvelles commandes et d’autres par des sélections d’oeuvres existantes. À travers l’exposition, nous espérons rendre hommage aux innombrables femmes anonymes qui préservent les histoires et la culture.

En imitant la disposition d’une maison, l’exposition invite les visiteurs à entrer et à sortir par la cuisine, un espace central dans de nombreuses maisons africaines où l’on se réunit et où l’on raconte des histoires. Les récipients à boire, élément visuel clé de l’exposition, symbolisent le déversement et l’imprégnation des connaissances et de la guérison, ainsi que le partage des histoires, de la sagesse et de l’héritage culturel.

S’appuyant sur l’idée du foyer, l’exposition approfondit les valeurs communautaires, explorant la manière dont « nous », en tant que société, renforçons nos capacités grâce à des liens familiaux solides. Elle embrasse la tradition tout en s’adaptant à des expériences diverses, laissant la place aux nombreuses expressions de la culture noire. Ce faisant, l’exposition reflète une compréhension plus large de la manière dont la culture et la communauté façonnent l’identité audelà des perspectives individualistes.



CUISINE:
ASCENDANCE | SPIRITUALITÉ | MIGRATION


Les oeuvres d’art présentées dans cette zone, qui se concentrent sur la migration et la mémoire, utilisent des photographies et des cartes pour refléter la manière dont la migration façonne les histoires personnelles et
collectives. Ce premier emplacement souligne le lien entre l’alimentation et le mouvement, suggérant que, tout comme la nourriture, les histoires de migration et de survie soutiennent.

Laeila Adjovi, Les routes de Yemoja ︎︎︎






LE SALON:
LES FEMMES NOIRES, GARDIENNES DU SAVOIR


Ce groupe d’oeuvres d’art explore le thème de la préservation des connaissances, afin d’honorer les femmes noires en tant que gardiennes de la mémoire culturelle. Le salon est un espace de sagesse partagée et de dialogue intergénérationnel, où les histoires, les compétences et les traditions sont transmises. Chaque pièce renforce l’idée que, à l’instar  d’une réunion de famille, ces échanges sont essentiels au maintien de l’identité et du savoir collectif à travers le temps.

Armel Luyzo Mboumba , Éther Féminin: Révélations des Foréts Sacrées ︎︎︎


Piloya Irene , Vestiges du temps ︎︎︎





PASSAGE:
CONVERSATIONS TRANSGÉNÉRATIONNELLES ÉCHANGE DE CONNAISSANCES


Le passage dans une maison africaine représente un espace de connexion, où les traversées quotidiennes permettent le partage d’histoires, de valeurs et de sagesse entre les générations. Cette zone de transition incarne le flux continu du savoir culturel, l’héritage ancestral étant préservé et remodelé par les interactions vécues. Les oeuvres d’art regroupées ici explorent ces thèmes, en se penchant sur la manière dont le savoir, la mémoire et l’identité sont transmis et réinterprétés à travers le temps

Wilfried Mbida, Madame Veuve Biyembel ︎︎︎


Amanda Mushate, Mushoko Erudo Nezvito ︎︎︎





EMSAMO (SANCTUAIRE) :
DES VOIX COLLECTIVES POUR LE CHANGEMENT


Umsamo (sanctuaire) introduit les prémisses de l’exposition par une chanson, un couplet choral enchanteur qui incarne l’esprit de l’autonomisation. « Umsamo » fait référence à un espace (généralement dans une maison) où le physique et le métaphysique se rencontrent et où la communication avec le divin devient possible.

Éléments de chorale, Ilizwe Lethu ︎︎︎


Sherie Margaret Ngigi, Marche des femmes ︎︎︎


Lafalaise Dion, Abondance ︎︎︎


Hlengiwe Dube, Izincwadi ZoThando (Zulu Love Letters) ︎︎︎




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